Mr Jack ou mon cadavre dans le placard
Je vous écrit aujourdhui ce message parce que l'histoire de plusieur d'entre vous m'ont fait réagir (comme d'hab.) à cause des similitudes avec la mienne. Il se trouve que j'ai, comme on dit, un cadavre dans le placard. Je n'en parle pas souvent, hormis quand je pense que ça peut aider quelqu'un, mais il se trouve que j'ai connu aussi une période difficile ; période depuis révolue par chance.
Je sais que c'était il y a une dizaine d'année mais réveiller les vieux souvenir bien enterrés c'est parfois difficile, d'ailleurs si je ne me trompe pas, je n'en ai encore jamais parlé sur mon propre blog.
Voila aujourd'hui je déballe tout et j'espère que ce que j'ai vécu trouve ici une raison d'être, un sens et que ça vous aidera.
Bon alors cette mauvaise période s'étand du CM2 (tu dois te dire que c'est un truc de gamin) jusqu'à la 2nde et au delà en s'atténuant. Puisque j'y suis autant mettre tout de suite un nom sur le problème en question : pendant tout ces années je suis resté seule, dans le meilleur des cas les autres élèves m'ignoraient dans le pire ils m'insultaient, me piquaient mes affaires, me menaçaient et parfois même allaient jusqu'a me frapper pour s'amuser. J'étais leur souffre douleur, la parfaite victime toute désignée bien malgré moi …
Voir aussi sur le forum dans "SOS aidons nous", le sulet "Conversons du passée douloureux"
Ca commence sans qu'on s'en rende compte
Donc comme je le disais tout à commencé au CM2. Mes camarades filles passaient leur temps a jouer a Hélène et les garçon (le garçon bien sur c'était toujours moi) ou a la petite maison dans la prairie (j'étais désignée comme le chien ou le cheval). Bref je préférais jouer avec les garçon qui eux m'acceptaient ; je courrais vite et, à cet age là, dans la cours de récrée ça compte = ) En gros sans le savoir je me suis coupé des autres filles qui allaient devenir mes « copines de classe » au collège ! Grosse erreur
Puis c'est un engrenage
Au collège, pas un seul garçon de mon village dans ma classe. Les filles, elles qui m'avaient prise en grippe, ne m'aimaient pas plus. Elles ne me faisaient pas de cadeaux, se moquaient de moi quand elle le pouvaient, me faisaient de vilaines blagues … Je me suis retrouvée seule, en classe, a la recrée, pour les travaux de groupe …cela dit je me suis peu à peu liée d'amitié avec un garçon de ma classe (très gentil) et avec une fille (plutôt zarbi).
Mais voila, pas de chance, un nouveau collège venait d'ouvrir et on m'y a envoyé d'office. Le garçon est resté dans le 1er et la fille m'a suivi dans le 2nd ; on était dans la même 5ième.
Elle était bizarre, elle me parlait certain jours, me virait d'autre. J'étais un coup sa meilleure amie un coup un « pot de colle » indésirable. Moi j'y comprenais rienet le mieu qu'il me soit arrivé c'est qu'elle aie fini par ne plus me parler. Les filles de mon village semblaient se faire un plaisir de me pourrir la vie : moqueries gratuites, insultes, bousculades …Et bientôt les élèves de ma classe les imitaient. Moi je ne demandais rien d'autre que de rester tranquille, toute seule. Je ne leur demandais rien alors « qu'ils me foutent la paix ». Je m'enfermais dans ma solitude, me renfrognais. Je n'avais envie de parler à personne et je me méfiais de tous. Alors forcement je faisais souvent la gueule.
Et c'est de pire en pire avec l'age
Puis au fils du temps la situation à dégénéré. Aux insultes ce sont ajoutées les menaces, quotidiennes, incessantes. C'était du style « qu'est ce que t'a a me regarder tu veux que j'te pète gueule » « alors la momie t'as pas d'amie » « « squeletor tu veux venir manger avec nous ? »(puis lorsque je m'vancais croyant que s'était gentil je me faisais encore insulter). Ou encore on me jetai une pièce en me disant « clodo va t'acheter un pantalon a ta taille » , j'étais maigre et je grandissais vite, en 6mois les pantalons étaient déjà trop courts mais toujours trop large, et en plus financièrement parlant on ne pouvait pas refaire ma garde robe aussi souvent = ). J'entendais encore des « fille de p. » par ci, des « vas te faire f. » par là mais bien qu'on fasse comme si de rien n'était, ça fait mal. Le soir dans le bus c'était « si demain tu prend le bus on te pète la gueule » « tu viens et on t'éclate » « tu veux venir voir ma queue ?» « si tu raconte ça à quelqu'un on bute sale pute ! »… et j'en passe. Je rentrais chez moi dégoûtée, déprimée et en arrivant on me disait « Qu'est ce que t'a encore à faire cette tête ? ». Mais moi je ne pouvais pas dire ce qui se passait, je ne pouvais pas raconter ça. J'avais trop honte de moi de ne pas savoir me défendre, de ne pas avoir d'amie, d'être différente. Et puis ça en était venu à un tel stade de harcèlement que j'avais peur. Le matin j'avais peur mais j'y retournais. Je me vois encore arrivée a l'arrêt de bus, dire bonjours puis aller m'asseoir tête baisser dans un coin avec l'envie qu'on ne me voit plus. Je prenais le bus et l'enfer recommençait. Tous les jours pareils. Les mots mais aussi les coups. De plus en plus de coup
On ne peut rien faire à part se cacher ...
Pour éviter les récrées j'avais des trucs comme traîner a la fin du cours, puis dans le couloir où je refaisais mes lacets puis je fouillais dans mon sac, enfin je passais un gros moment aux toilettes et quand il restait du temps j'allais affronter la cours… Je m'asseyais dans les coins moins fréquentés et j'attendais la fin. Les couloirs et les W.C. devaient devenir mes meilleur s amis. Pour fuir les coups et le reste je m'y cachais, même entre midi et deux. Au début je squattais les cages d'escaliers et en changeai régulièrement pour ne pas me faire prendre pas les pions mais ça ne marchait pas toujours. Après je me planquais dans les wc mais ils étaient ouverts sous les portes et au dessus. Les élèves qui me cherchaient pour m'emmerder m'ont un jour vu rentrer. Ils m'attendaient dehors mais comme je ne sortais pas ils sont venu me chercher. Ils disaient « squelettor t'es constipée, t'as la chiasse, tu veux du PQ ? » ils ouvraient les portes et regardaient sous celles qui étaient fermées. Comme ils m'avaient trouvé j'me souviens avoir dit que je vomissais. Après ça j'avais pris l'habitude de m'asseoir sur la réserve d'eau pour ne plus qu'on puisse voir mes pieds mais ils avaient compris et montaient sur les wc voisins pour regarder pas dessus. Je ne pouvais même plus faire pipi tranquille = ( Par chance un wc sans ouverture en haut et qui restait d'habitude fermé a été ouvert aux élèves a peu près à cette période. Je m'y cachais pendant quelques semaines mais on m'attendait à la sortie. Du coup j'étais obligée d'arriver en retard en cours pour en sortir tranquille. Ce n'était pas la joie.
Un jour on a fait un entraînement d'évacuation en cas d'incendie. En temps normal les portes battantes restaient ouverte mais là elles s'étaient déclenchées et je remarquais derrière, le grand vide qui restait : juste assez pour moi et mon sac de cours. = ) J'avais ma nouvelle cachette. Je m'y réfugiais à chaque fois que ça dégénérait.
... et pleurer
Dans ces situations on a beau se dire qu'on est forte, plus forte qu'eux, que les mots et les coups ne nous atteignent pas, qu'on s'en fout car de toute manière ils ne sont qu'une bande de cons, de minables, trop faibles pour nous attaquer seul à seul … c'est pas vrai ; on souffre beaucoup, beaucoup plus qu'on ne le pense, 1000 fois plus qu'on ne veux l'admettre dans nos moments de faiblesse. A la maison je devenais désagréable avec ma famille. Le soir je pleurais, je n'arrivais pas à dormir, j'avais peur du lendemain. Quand je me mettais en colère (a la maison) après dans ma chambre je me frappais, je me mordais … J'avais envie de devenir transparente, qu'on ne me vois plus, d'être un fantôme, et aussi de mourir. La nuit il m'arrivait de monter debout sur ma fenêtre, de regarder en bas et de me dire que j'étais condamner a vivre cet enfer car de cette hauteur (au 1er étage), avec les romarins sous ma fenêtre je ne me tuerais jamais. Pire je me disais que si je sautais je me casserais au mieux quelque chose, j'irais a l'hôpital et tout le monde le saurai. Et quand je retournerais en cours ça serait pire.
On subit, on fait avec ...
Ma vie au collège quand on me laissait tranquille se résumait a être seule dans le bus (mon jour préféré était le mercredi), seule en cours, seule dans la cours ou encore seule dans les couloir cachée derrière les portes coupe feu. Là, au chaud et au sec, assise par terre, recroquevillée sur moi-même en raison du faible espace, mon sac sur les genoux, je dessinais à la lumière que le hublot de la porte laissait passer … des moments de rare tranquillité !
Qui aurait cru que se cacher ainsi dans un trou de souris aurait un jour des allures de paradis ? Personne, je ne parlais de ça à personne ! Mes parents voyaient j'allais mal mais lorsqu'ils essayaient de me faire parler, ils s'y prenaient de telle sorte que je me refermais encore plus et ça finissait en dispute…
Jusqu'au jour ou une lueur pointe à l'horizon
Cela dit un jours ma grand-mère, plus douce et plus diplomate, a réussi à me faire un peu parler : j'avouais, comme la pire des coupables avec honte et avec tout le poids du monde sur les épaules, que dans le bus une fille se mettait systématiquement derrière moi et s'amusait a m'arracher les cheveux et a me taper sur la tête, rien d'autre. J'étais alors en 3ième
Elle m'alors dit « la prochaine fois qu'elle recommence tu fais pareil ! »
Je répondais – Oui mais elle n'arrête pas alors elle va se venger … et puis elle est pas seule … »
Mamie – Et alors qu'est ce que tu risques de plus de toute manière ?
Moi – ben déjà que lui fais rien elle m'embete alors après …
Mamie – La prochaine fois, écoute moi bien, tu lui attrappe les cheveux et tu tire, plus fort qu'elle, tant qu'elle ne te lâche pas ! …
On choisi de se battre, coùte que coùte
Le lendemain dans le bus elle a recommencé. Je me suis retournée, j'ai attrapé une mèche qui pendait et je lui ai dit calmement « maintenant je t'averti, je vais continuer a tirer tant que tu ne m'auras pas lâché ». A ce moment je me disais « je suis folle mais tampis ça ne pourra jamais être pire. Et puis quitte a prendre des coup autant savoir pourquoi. » Pour faire une comparaison je diras que je me sentais un peu comme « le héro d'un film d'action qui à le choix entre se faire prendre par les méchants qui veulent le tuer ou risquer de se tuer en se jetant dans le torrent plein de rocher au fond du précipice » Ben moi j'ai choisi de sauter je crois. Je suis aller jusqu'au bout. Elle avait beau dire et beau faire, elle a lâcher avant moi ; folie ou courage je sais toujours pas ; du désespoir peut être … Le fait est qu'elle avait si bien criée toute sorte de chose qu'on avait (enfin) été remarqué et ce par tout le monde. Une fille idiote qui faisait tout le temps sa fière avait eut le culot de venir me dit « mais enfin Virginie qu'est ce qui te prends ?! Mais pourquoi tu as fais ça ? Mais ça va pas !!! … et ''blablabla'' et ''gnagnagna'' ». Pfff quelle imbécile celle là !
Et le risque est payant
Bref ce jour là sans le savoir j'avais déclenché mon sauvetage. Un gars de mon age, que je connaissait a peine et qui prenait le bus avec nous, avait vu ce qui s'était vraiment passé et ce qui se passait chaque jour, le jour même, ou peut être le lendemain, il est allé de lui-même raconter tout ça à ma marraine (sa voisine) qui l'a dit à ma mère. Le soir elle est venu m'en parlé et, bien que j'ai encore beaucoup pleuré, pour une fois on ne s'est pas disputé. Le lendemain en allant au village avec elle, on a croisé la fille en question et elle me narguait. Ma mère a planté la voiture au milieu de la route, a attrapé la fille par le col et lui a fait clairement comprendre qu'elle n'avait plus intérêt à me toucher. Je ne pensais pas que ma mère prendrait un jour ainsi ma défense. A partir de ce jour là elle ne me disait plus « ca ne m'étonne pas que t'ai pas d'ami tu tire toujours la gueule », « ha ben si tu sais pas te défendre … » (1 contre 1 oui, 10 contre 1 non). Je pense qu'elle avait pris conscience de l'ampleur du désastre.
Quitte à s'en prendre plein la gueule autant savoir pourquoi
De mon coté j'avais toujours peur mais moins et j'avais un poil plus confiance en moi. La fille du bus après 2 ou 3 insultes avait fini par me laisser tranquille et voir que je me rebellais avait semble-t'il un peu calmé les autre (dans le bus seulement)
Au collège je sortais un peu plus dans la cours et quitte à affronter les insultes et les coups je tentais tant bien que mal de répondre (plus souvent mal, au début). Maintenant ma devise n'étais plus « j'm'en fout c'est des p'tits cons, dans ma tête j'suis plus forte qu'eux », non maintenant c'était « quitte à s'en prendre plein la gueule autant savoir pourquoi ». Au début j'en ai pris pas mal mais finalement pas plus qu'avant et au bout de quelque temps les attaques n'étaient plus permanentes (mais toujours quotidienne). Leur jouet préféré avait changé, il y avait maintenant de petits piquants. = )
Alors la moindre bataille gagnée résonne comme une vitoire
Pour l'anecdote, un jour je m'étais faite coincé dans un couloir par 2 gars qui se prenaient pour des caïds. L'un me tenait par derrière et l'autre voulait me frapper, ça les amusait. Je me suis sentie perdue, aculée dans un piège sans issu possible … Je ne sais plus trop comment ça c'est passé mais quelques instant après le 2nd était par terre, moi dessus qui voulais fermement lui casser la figure et l'autre derrière moi qui me tirait comme il pouvait pour défendre son copain = ) Je crois que quand on est désespérée on est capable de choses habituellement peu probables ; on appelle ça avoir la rage non ?
Non seulement j'avais été plus forte que la fille du bus mais en plus le squelette de 14 ans que j'étais, pouvait casser la figure à 2 grands gaillards de 15 ans (qui pour une fois ne s'en sont pas vanté)
Mais ce n'est pas tant la victoire qui compte ...
Mais c'est finalement l'évènement suivant qui m'a fait sortir de cette torture.
Un jour en cours alors qu'une fille derrière moi se penchait pour me parler, le prof l'accusa de me tirer les cheveux. Je pris sa défense et il en resta là (persuadé que je craignait des représailles). Suite à ça les professeurs ont commencé à me surveiller. Il faut dire que ça avait pris de telle proportion que des élèves que je ne connaissais même pas venaient m'insulter et me bousculer !
Un jour en français, on faisait un travail de groupe par 4. On avait tourné une table sur 2 pour être face à face et la prof avait fait asseoir une élève et moi à son bureau pour être face a la première table (pour situer les choses). A un moment la prof s'est absentée pour faire des photocops. Et là, je sais pas pourquoi, y en a un qui m'a balancé sa trousse en pleine tête. Je ralle une seconde et pour l'emmerder je file sa trousse à d'autre. Et puis je vois toute la classe tournée vers moi qui me regarde sans rien dire. En même temps que je leur demande « qu'est ce qu'il y a ? », je sens comme une chaleur envahir le long de ma nuque, mon épaules droite, descendre dans mon cou vers ma poitrine … Je passe ma main et je sent quelque chose d'épais, de visqueux, de liquide, un peu la texture de la peinture. Je regarde main : elle est couverte de sang ! Sur le devant, la moitié gauche de mon t-shirt s'en imbibe peu à peu. Je me lève en disant que je dois aller à l'infirmerie, dans la classe, ils sont comme pétrifiés, personne ne bouge, à part une fille qui se lève et m'emmène. En me retournant je vois le tableau en parti aspergé de sang et là je réalise que je pisse vraiment le sang ! Je suis en train d'en foutre partout. La fille qui a pris un mouchoir me le met sur la tête et je part a l'infirmerie.
Pauvre professeur de français quand elle est revenu 5 minutes après, le tableau était aspergé de sang, une trace de main rouge tachait son bureau et une petite flaque gouttait au bas de sa chaise ! Quelle peur a t'elle due avoir !
Que la façon d'y parvenir
Les profs qui avaient un oeuil sur moi depuis quelque temps et
Je me demande bien pourquoi j'ai voulu être ainsi seule face à eux ? Est-ce parce que pour une fois c'était moi qui serais en position de force ? Etait ce pour leur éviter la sanction ou pour m'éviter les représailles ? Ou peut être voulais je seulement comprendre enfin ; chose dont le conseil de discipline m'aurait définitivement privé ? Je ne sais plus, je ne sais pas si je l'ai un jour su …
et sans cette incompréhensible folie
Un matin on est venus nous chercher en cours ; une fille, qui faisait un peu la chef de bande, m'a dit méchamment « je suis sure que c'est à cause de toi ! ».
Tout ce que j'appris c'est que premièrement ils ne se rendaient pas compte, qu'entre les uns et les autres, ce harcèlement était devenu quasi permanent. Deuxièmes pour eux les insultes c'était « juste comme ça pour embêter mais c'était tout » et que j'avais qu'a me rebeller (chose que je n'avais jamais apprise). Troisièmement les coups c'était « juste comme ça » aussi mais comme « je ne savais pas me défendre alors forcement ça a fini par dégénérer » et puis « c'était par pour faire mal mais pour s'amuser ». Bref en gros ils avouaient s'être comporter comme des gamins stupides. Ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient et n'avaient pas vraiment idée de ce que je subissais ; ils ne s'en rendaient pas compte car ils n'étaient pas dans ma tête ! Durant toute l'entrevue j'avoue que j'ai un peu la trouille de comment tout ça allait finir car je ne maîtrisais pas grand-chose. Puis
peut être serait elle moins belle
Là je suis dit « c'est fini ». J'étais déjà en troisième, le deuxième trimestre était bien avancé. Que d'années perdues !
Mais ce qui compte encore plus c'est la paix retrouvée
Après ça je passais tout mon temps (seule) en recrée dehors. Le midi je m'installait au soleil sur les gradins, je lisais, je dessinais parfois même seistais (ça se dit dans le sud).En haut de mes gradins j'étais toujours hors du monde, toujours spectatrice de la vie des autres mais, en paix, cela plaisait, j'irais jusqu'a dire que j'étais comblée .Il arrivait qu'on monte me voir. On me disait 2 mots, me demandait ce que je lisais ou ce que je dessinais. J'avais parfois droit à des commentaires du style « tu dessine trop bien » « sympa ça représente quoi ? » « C'est bizarre comme dessin mais c'est bien fait » « heu … ouai … c'est un peu glauque non ? ». C'est vrai qu'après tout ce que j'avais vécu mes dessins reflétaient souvent mes états d'âmes, sombres, morbides, froids, silencieux et sans vie mais j'aimais toujours représenter la nature fraîche et vivante, comme avant …
Quand je dessinais je vivais.
Pouvoir envisager un avenir nouveau
Puis je suis parti au lycée. Dans la classe de seconde ou on m'avais mise il y avait des jeunes que je ne voulais plus voir. J'ai baratiné le proviseur pour changer de classe, je voulais repartir à zéro, oublier ce lourd passé, être enfin heureuse. Il accepté de me mettre dans la classe que je voulais, où je ne connaissais personne a part une fille qui ne faisait pas d'histoire. C'est dans cette classe que j'ai rencontré mes trois meilleures amies actuelles.
Je m'en souviens trop bien ! = ) je souviens que c'était a 10h on venait de me donner ma nouvelle classe et j'allais trouver ma sale de cours pour me poser. Je passe devant La porte et manque de bol y a déjà une fille qui attend devant. Juste a coté y a les wc, donc j'esquive la rencontre et je m'y réfugie ; les vieilles habitudes = ) Au wc je m'auto-motive « bon allez courage elle va pas me bouffer ! Et puis d'abord elle ne me connaît même pas donc y a pas de raison ! Elle ressemble a quoi cette fille ? Bon elle est appuyée au mur la tête baissée, les cheveux dans la figure, un bras cassé en écharpe… quoi d'autre ? Elle a l'air de faire la gueule mais bon ce n'est pas pour autant qu'elle est méchante ! Allez courage faut au moins que je sache si c'est la bonne salle ! » Bref je sort des chiottes, je lui demande et je me pose plus loin. Je ne le savais pas encore mais je venais de rencontrer celle qui est devenue peu après une de mes 3 meilleures amies !
Et panser ses blessures
Il m'a fallu très longtemps pour me remettre de ces années difficiles, pour faire confiance (c'est toujours un difficile quand les gents me déçoivent), pour passer outre … c'est pour ça qu'en général je n'en parle pas. Mon chéri sait simplement que je n'ai pas aimé le collège et je n'avais pas trop d'amie (zéro).
La colère et la rancoeur que j'avais à l'égard de ceux qui m'ont fait du mal m'ont longtemps rongés. Le moindre petit raté en public, la moindre remarque étaient vécu comme une vraie humiliation. Je rêvais de vengeance, je voulais qu'ils souffrent autant que moi. Mais ma colère ne faisait que me détruire un peu, elle gangrenait même mes relations avec mes amies. Je n'arrivais pas a être vraie et sincère. Je ne pouvais pas m'ouvrir a elles, être moi-même, et c'est le genre de chose qui se sent. Je voulait me fondre dans le moule, je voulais être aimée, mais agir ainsi je devenais invisible, trop pale, trop fade et sans intérêt.
pour repartir du bon pied
Peu a peu j'ai appris ce qu'était une « amitié normale » et j'ai commencer a me découvrir et a me connaître moi même telle que je suis vraiment.
Mais pour tout vous dire, quelque part j'avais un mal fou à accepter quelque. Je leur en voulais toujours, je m'en en voulais toujours aussi. Pour moi j'étais coupable, responsable de mon incapacité à me défendre et de ma faiblesse. Cette partie de moi je la détestais autant que je les détestais. La blessure était toujours ouverte, bien enfouie mais encore très sensible.
Mais il ne s'agit pas "d'oublier"
J'aurai pu souffrir toujours mais il devait en être autrement. Comble de la situation j'ai fini par me convaincre qu'à l'époque, vraiment, ils étaient gamins et n'avaient pas eut conscience de ceux qu'ils avaient fait. Je leur ai pardonné peu à peu… et sans le savoir, sans vouloir, du même coup, je me suis pardonné progressivement. J'ai guéri lentement. La cicatrice est toujours là, certains jours plus sensibles mais la blessure est refermée.
C'est notre histoire, c'est Nous
Si je raconte tout ça c'est pas pour me la jouer Caliméro, au contraire ! C'est pour vous dire que même si quand on est au fond du trou on pense qu'on ne s'en sortira jamais, c'est faux ! Tôt ou tard la roue tourne, il suffit a un moment d'en faire le choix, de le vouloir. Pour moi, tous les changements que j'ai provoqué pour m'en sortir avaient toujours une grosse part de risque, « quitte à s'en prendre plein la gueule … Mes relations se résumaient à un combat permanent contre les autres et aussi contre moi-même, pour aller au-delà de mes craintes et pouvoir vaincre. Je combattais le feu par le feu. Au temps le plus noir cela m'a aidé. Mais je sais que c'est en m'adoucissant que j'ai pu me lier d'amitié à d'autre. Si j'avais gardé en moi cette agressivité si vive, au fond rien n'aurait changé : je serais seule et triste et je continuerai a me détruire. Ce n'est pas la colère qui s'apaise d'elle-même avec le temps, c'est a nous de savoir y renoncer et d'accepter de n'être pas vengée. C'est peu être injuste mais ne pas pardonner c'est continuer de souffrir, c'est un cadeau offert a ceux qui nous ont fait du mal. C'est dur à admettre mais pour guérir il ne faut oublier mais accepter les faits …
Désormais c'est « Mr. Jack » (comme le dessin animé de Tim Burton), mon cadavre dans le placard. Je le sort au besoin, quand je me qu'il peut être utile à quelqu'un.
Le passé doit servir l'avenir
Si j'ai appris quelque chose de tout ça ? Oui !
Il faut d'abord se battre pour s'en sortir. Comme on dit « aide toi et le ciel t'aidera ». Puis il faut accepter l'injustice se pardonner aux autre pour se pardonner et guérir.
On ne peut pas être justement aimé des autre si l'on n'est pas vrai avec eux
Le bonheur ça se mérite, ça se gagne mais ça tien plus souvent à la simple façon de voir les choses, du bon coté. Exemple vrai : l'autre jour j'ai crevé en arrivant sur le parking, quelle chance ! En roulant ça aurai été dangereux !
Bref on ne choisi pas d'être une victime mais on peut choisir de s'en sortir. En me battant j'ai pris le risque de prendre des coups, en m'ouvrant aux autres je me suis rendu vulnérable mais, même quand je me suis prise des gamelles, ça valait la peine. On a toujours quelque chose à apprendre.
Et l'avenir est a nous
Ceux qui m'ont fait du mal, pour la plus part n'ont pas eut de chance. Une a fait du trafic de drogue, s'est prostitué pour se payer ses doses et a été arrêtée. Une autre a eut 2 gosses très jeune, elle qui se disait la plus forte a raté ses études et sert au bar du village. Un gars est devenu une vraie racaille et passe plus de temps à l'ombre que dehors. Ses copains ne valent guère mieux ... Bref j'ai renoncé à me venger mais la vie s'en aie chargé.
Moi j'ai grandi, j'ai fait des études, j'ai de vraies amies sincère et honnète s, des faux amis mais je le sais, un chéri que j'aime et qui m'aime aussi.
Ma mère avait raison en fait quand elle disait « aujourd'hui c'est toi qui en bave mais ça ne dure qu'un temps et plus tard c'est un qui en baveront ; la roue tourne » …

Commentaires
Boo site : analogue.blog4ever.com | le 16/09/2009 à 20:33:07J'admire le fait que la pudeur ne t'arrête pas. Je n'aurais jamais osé me dévoiler comme cela sur mon blog mais il en faut des récits comme le tien d'un point de vue catharsique.
Par-contre, j'ai une question. Elle va peut-être paraître toute bête mais au départ, pourquoi c'est à toi qu'ils s'en sont pris? Lorsque tu "règles tes comptes" avant le passage de la CPE, ils ont l'air de dire qu'ils en faisaient de même les uns avec les autres; pour autant, je suppose que certains étaient amis entre eux, qu'ils ne se martyrisaient pas mutuellement alors comment ça se fait qu'à cette période, toi, tu n'aies pas trouvé, ne serait-ce même qu'une personne, pour passer le temps? Tu avais un caractère, une attitude "différente" d'eux? (j'ai fait un article spécial pour vos réponses sur mon blog car quand je pose une question, c'est que la réponse m'intéresse vraiment^^. En particulier pour ce récit, que je trouve très touchant. Honnêtement, je n'ai jamais connu ces problèmes dans ma scolarité, j'ai plutôt souvent été au contraire, sans vouloir me vanter ou quoi que se soit (puisque d'ailleurs c'est parfois + dur de penser qu'on décevrait les gens en montrant son vrai visage, un visage + terne, + mélancolique), la "chouchou", celle dont il fallait être l'ami/ le petit ami +tard. Dès lors, j'ai envie de comprendre comment des enfants peuvent à l'inverse, rejeter quelqu'un.)
J'espère te voir très bientôt sur mon blog/forum. Bisou, et merci encore pour ce récit.
Lise site : banalise.canalblog.com | le 04/09/2009 à 13:14:46
Whaou... ça m'a rappelé mes années de CAP coiffure, avec une classe de filles qui, entre autres, me menaçaient de me casser la gueule si je ne portais pas de jupe, changeaient le code de mon casier après avoir craché dedans, déchirer les pages de mes cahiers, coupé les cheveux de ma tête malléable pour qui je ne puisse plus la coiffer, volé 2 fois ma carte immagin'air...
et comme pour ceux qui t'ont pourri la vie, c'est elles qui galèrent maintenant (merci facebook, de nous montrer que la fille qui nous a fait pleurer en nous traitant de grosse l'est bien plus que nous aujourd'hui ;-) c'est con mais ça raisonne comme un "bien fait pour toi, si tu avais su te taire et laisser vivre les gens tranquilles"
C'est bien que tu l'ai écrit ici, on dit toujours que ce n'est pas bon de garder les choses en soi, et c'est vrai! Parler, dans de nombreuses situations, m'aurait évité bien des souffrances!
claudia le 18/07/2009 à 14:41:49
j'ai vecue tout ça au college au lycée je restait seule on m'embetait mais je répondait alors on me laissait tranquille au bout de 2ou3 fois j'ai eu mon bac et je vais a la fac sans ami(e)s mais pour moi ma famille me suffit!!!
Cissou site : butterfly.blog4ever.com | le 13/06/2009 à 13:12:30
Moi étant petite jusqu'à maintenant en 3eme je suis toujours resté toute seul croyant que je serais mieux a cause de ma silhouette mais enfaite j'avais tous faux car je reçois encore des insultes et des critiques envers mon poids !
Scaphandre le 02/05/2009 à 12:59:26
Moi mon enfance était plutot cool par rapport à la tienne. bien que je me sentais mal dans ma peau, j'avais enormement d'amis autant les pinbeches, les intellos que les ouffres douleur comme je pouvais rester au m'assoir a cote d'a peu pres tout le monde. Il m'arrivait de defendre les personnes comme ca j'avais de la peine pour elle. J'étais pas specialement jolie ou quoi mais je sais qu'on me crainiait, oui on me respectait on avait peur de moi. Pouquoi paceque je ne me laissais jamais faire depuis toute petite ce qui m'a vallu une reputation de celle qu'il ne faut pas embeter. Pou autant j'étais tres gentille et bcp de personnes qui sont devenues mes amies m'ont avouées qu'avant elles avaient peur de moi.Je n'aimais pas qu'on ait peur de moi mais il fallait se faire respecter et ca je l'ai tres vite compris surtout dans le college ou j'étais ou la loi du plus fort primait. Au lycee les gens sont plus matures et je n'avais plus besoin de prouver quoi que ce soit et pesonne ne connaissait mon ancienne reputation. Pour tous ceux qui vivent cette periode difficile du college ou tous les enfants sont cruels et cons je dirais qu'il ne faut surtout pas se laisser faire, s'affirmer, ne pas ester dans son coin parce que ces laches ne s'en prennent qu'au plus faibles mais pour autant ne devenez jamais mechants.Pour moi c'est bientot la fac la vie change je vous assure,le college n'est qu'une mauvaise periode a passer et bcp lon mal vecue et je comprends qu'on puisse envisager des sollutios extremes mais ne gachez pas votre vie pour ces idiots votre calvaire s'arretera au lycée tenez bon. Vous allez finr par aimer votre vie .
Bon courage a tous "ce qui ne tue pas renforce"
(J'ai ecris ca tres vite car on m'attends deslée pr les fautes =S) BisOus
aurelia23 le 24/04/2009 à 16:14:19
Tu sais, Vivie,
il m'est déjà arrivé d'écrire mon "Jack" mais pas sur mon blog. C'est un truc que je ne pourrais pas exposer PUBLIQUEMENT. J'aurais trop peur que qui que ce soit me reconnaisse et éventuellement vienne se moquer de MOI.
Je sais, ça fait parano mais bon.
Parfois, j'aurais bien envie de le sortir, car ce Jack peut aussi tenir en un seul mot mais je ne peux pas...
Tu sais je suis boulimique de lecture et d'écriture aussi. J'ai déjà fait des cahiers et des cahiers sur Jack mais à chaque fois que je déprimais à vouloir en mourir, j'avais peur qu'après ma mort éventuelle quelqu'un trouve ces cahiers.
Ouai, je sais je donne du fil à retordre à être négative comme ça.
Mais je crois que Jack est un démon qu'il vaut mieux que je garde pour moi. En parler m'a fait plus souffrir que de la garder jusque là !
Sur ce je vais te laisser, sur ce sujet. Je vais morceler un peu le pavé.
régimeuse site : mon-regime.blog4ever.com | le 10/04/2009 à 15:05:38
Coucou vievie,
Moi aussi j'ai tout lu :)
J'avoue que sa me fait penser que moi aussi j'ai pa trop aimer mon enfance. Bon j'etais pas leur souffre douleur,mais j'etais grosse et j'avais pas beaucoup d'amis. genre 2 ou 3 c'est tout mais c'etais deja suffisant. Les autres c'etaient des minis fashion victim et elles me degoutaient!!
T'as vraiment été forte, et j'admire ta façon de penser aujourd'hui. Je sais pas si moi j'aurai pu accepter tout sa aussi lomtemps. Je leur aurais cassé la geule depuis le début :). LoL.
Vraiment ta été courageuse et puis aujoud'hui ta une belle vie alors que eux ils vivent commes des merde. Y'a toujours une justice dans ce bas monde.
Allez courage ma chérie, et reste comme tu es.
Bisouxxxx <3
aurelia23 site : myanapolis.blog4ever.com | le 04/04/2009 à 02:30:31
Coucou Vivie,
Il allait de soit que je voie "Jack" et que je le lise.
Ce qui est bien c'est que tu lui as dit:
"fiche le camps, Jack et ne reviens plus jamais... jamais... jamais ... jamais" (comme dans la chanson!)
Et tu as bien fait d'écrire enfin cette histoire. Je suis sure qu'elle pourra donner du courage/aider/consoler/toucher les lectrices.
C'est un grand PAS difficile, perso j'ai eu du mal seulement avec le bout que j'ai écrit en Décembre. Et encore c'est parce que j'allais très très mal, et j'étais dans un état second.
A vif, dans mon état "normal" (si on peut dire que je peux être normale parfois) je n'aurai jamais rien écrit. JAMAIS...
Je suis d'accord avec Chann, tu es génial!
Je tiens à ajouter que même si mon blog est PA, par exception, je peux pas couper les ponts avec toi comme ça.
OK, je suis PA et tu ne l'es pas, mais je le suis en majeur partie à cause de mon passé.
Et malgré le temps et l'espace qui les séparent, nos passés se tiennent la main... c'est pas banal un truc comme ça... Et je ne veux pas le perdre.
Sur ce @++++++++ Vivie biz
Aeris le 02/04/2009 à 21:58:19
coucou...j'étais venue voir ton blog il y a quelques temps, tu m'avais écrit un commentaire (je viens de le voir),je suis désolé de ne pas avoir repondu mais je n'avais plus internet...
Je trouve ton blog singulier, chaleureux et sincere..il est personnel, se distinguant tout à fait des autres (je ne veux pas faire la leche botte, lol, c'est vraiment ce que je pense)...donc je te dis bon courage et j'espere que tu vas le tenir longtemps car ce blog est une toile de peinture dans une multitude de brouillons impersonnels...
Ton histoire est frissonante...j'ai également vécu ce cauchemar:le "martyre", la honte,le degout de l'école et de soi...mais pendant une seule année en primaire, le CM2.Aujourd'hui encore j'ai honte de ce qui s'est passé, et je n'en ai jamais parlé à personne...Quand je lis ton histoire, ce n'est pas celle d'une personne "faible" que je lis, mais d'une personne qui a eu le courage de supporter l'insupportable, et qui s'est mise dans une situation qu'elle même redoutait pour s'en sortir:le conflit...pour cela je dis bravo!
je pense aussi que la roue tourne:il y a un an, j'ai croisé mon ancien cauchemar (la principale fille qui me martyrisait),on a papoté (curieusement je ne gardait aucune amertume):Elle faisait des menages chez les particuliers,n'était même pas allée jusqu'en 3eme, et avait laisser son physique dans un abandon extreme...bref, la roue tourne!!
chann site : regimedechann.blog4ever.com | le 01/04/2009 à 21:20:12
j'ai touuuuuuuuuuuu lu hiihiiiiiiiiiii... jtavou je lé lu en deu foi mais j'ai lu jusko bou :D Franchement ma belle j'aime ta facon de réagir et ta facon de pensé. Ton histoir ma fai de la peine, les enfants son si méchant entre eux, c épouvantabl! Comme on di ché nous " seul dieu à le savoir de juger le mal et de le condamé a juste titre" se fair justice soi mem en revien a remplir son keur de haine et à se rangé du meme coté que les méchants... tu es resté toi, dans la dignité et la vie c chargé de te recompensé. franchemen jadmire ta réaction ma belle... tu a un jolie coeur, ce texte me la confirmé une foi de plus...
Je t'aime fort, ne change pas tu es génial!!!! prendr ssoin de toi.. groooooo bisous